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on peut choisir sa famille

PARLONS PSY... ... SPECIAL FÊTE DES MÈRES !

par Claire Sibille

publié dans Alterégales , On peut choisir sa famille

PARLONS PSY...

... SPECIAL FÊTE DES MÈRES

 

Je ne voudrais pas plomber l'ambiance entre colliers de nouilles et poulet rôti/tarte aux fraises venant épargner à la mère de famille le repas du dimanche midi, mais la maternité c'est aussi la dépression du post-partum.

Elle touche de 10 à 20% des femmes venant d'accoucher.

Elle se termine parfois en suicide (devenue la première cause de mortalité des jeunes mères) ou en infanticide. Je vous joins le lien vers le dossier très complet d’Ameli sur le sujet.

Le soutien du père (ou de la deuxième mère) est essentiel.

Les mères adoptives, dont je suis, ne sont pas à l'abri, car elles vivent, même sans l'expérience de l'accouchement, des fluctuations hormonales et émotionnelles similaires.

Je n'ai pas vécu moi-même cette expérience, j'ai eu la maternité parfois épuisée mais souvent béate, et un conjoint ne rechignant jamais à se lever en pleine nuit ou à changer les couches.

Par contre j'ai accompagné nombre de femmes vivant au minimum un baby-blues prolongé, les conséquences négatives d'un accouchement difficile et/ou mal accompagné voire violent, l'isolement, la défaillance du père soudain très pris ailleurs, et parfois chez des mères d'enfants plus âgés des dépressions chroniques allant jusqu'au rejet violent de l'enfant.

Donc c'est un sujet important qui commence à peine à sortir de l'ombre tant la maternité se doit d'être idéale.

Des solutions existent, des maisons de naissance, des sages-femmes formées et des psys à l'écoute des besoins de la femme.

Encore faut-il y penser et y avoir accès.

Encore faut-il y croire et sortir des clichés.

En cadeau de fête de mères je vous offre donc ma nouvelle "BABY BLUES" issue du recueil "Juste un (très ) mauvais moment à passer", qui est dédiée à toutes ces femmes, mais aussi à toutes celles et ceux qui les jugent, voire les condamnent.

Pour obtenir la nouvelle, et les ressources à contacter qui vont avec, il vous suffit de me la demander via le formulaire de contact.

Dessin de Liane Langenbach (Studio Liane) illustrant la nouvelle, il faut la lire pour la comprendre vraiment mais c'est déjà une mère et son bébé ...

Dessin de Liane Langenbach (Studio Liane) illustrant la nouvelle, il faut la lire pour la comprendre vraiment mais c'est déjà une mère et son bébé ...

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INSOUMISES

par Claire Sibille

publié dans Cette société - c'est la notre ! , On peut choisir sa famille

INSOUMISES

Claire Sibille

Psychothérapeute, écrivaine

 

Résumé : Un peu en décalage avec la fête des mères, je voudrais écrire aujourd’hui sur ces violences quotidiennes faites au corps des femmes, autour et sous prétexte d’accompagner leur fécondité, que celle-ci débouche ou non sur une grossesse, je veux parler des violences gynécologiques et obstétricales. Et d’une alternative « féconde », celle des Maisons de Naissance.

Pour moi ça a commencé tôt. Premières règles à 11 ans chez le coiffeur de ma mère. Je ressens encore la chaleur moite, très réchauffement climatique avant l’heure, et les odeurs de produits chimiques supposés nous rendre belles. Terrassée de douleur, je m’évanouis. Démarrage du rituel bouillotte-paracétamol-trois jours au lit, qui me suivra jusqu’à ce que je prenne la pilule et quand je ne la prendrais plus, l’endométriose et le SPM (syndrome pré-menstruel) n’étaient pas tendance dans les années 70. Mais au moins j’étais au courant, on parlait de « ça » dans la famille. Ça continue à 14 ans par la violence d’une gynéco qui, après m’avoir initiée brutalement au spéculum, me fourre un miroir entre les cuisses sans me demander mon avis, pour m’expliquer les choses de la vie… Là on touche un sujet dont je parlerai un autre jour, mais qui me préoccupe tout autant, la violence des femmes faites aux femmes, et la manière dont certaines - trop - semblent avoir pour unique mission de perpétuer un patriarcat pur et dur, des fidèles encore plus fanatiques que leurs maîtres. Bon, je vous passe la suite, une longue série d’expériences médicales sanguinolentes et douloureuses, parfois assorties de jugements et de commentaires révoltants, je ne les tolérerai pas pour mes filles, tout est dit. Parfois une exception, comme ce médecin compatissant et respectueux de mon corps, un homme, lors d’une fausse couche tardive qui m’a amenée aux urgences. C’est aussi un homme médecin, Martin Winckler, qui a écrit le livre « le chœur des femmes » sur le sujet des violences médicales faites aux femmes. Il en a été tiré une très belle bd dont je vous donne les références à la fin.

En parallèle à la lecture de ce livre, une amie sage-femme m’a fait découvrir qu’une autre approche était possible, celles des Maisons de Naissance, mais qu’elle est trop souvent lourdement combattue par les pouvoirs en place. Comme la psychothérapie indépendante et les médecines naturelles. Tous ces professionnels respectent pour la plupart, pas tous c’est vrai, les apports indéniables de la médecine allopathique, mais se retrouvent mis au banc de la société normale. Le monde des gens bien qui acceptent de se bourrer de petites pilules de l’enfance à la mort tout en autorisant les pires abus sur leur corps, surtout les femmes, c’est prouvé statistiquement. Confiance en l’institution peut-être, manque d’affirmation face au Docteur, certainement. Une dernière anecdote me concernant, j’ai dû lutter face à la gynécologue qui voulait enlever mon utérus, ce sac à œufs qui ne me servait à rien (SIC). Ouf, je l’ai toujours, j’ai fini par apprendre à dire non.

L’approche douce et naturelle de la grossesse, de l’accouchement et de la maternité est privilégiée dans les Maisons de Naissance, ce qui n’empêche pas de faire appel à l’hôpital partenaire si les choses tournent mal. C’est un grand débat, noyé dans la masse des urgences sociétales auxquelles nous devons faire face aujourd’hui si nous ne sommes pas dans le déni.

La maternité, et la parentalité d’ailleurs, est un fait total, comme disent les sociologues. Elle présente des aspects biologiques, psychologiques, sociaux et ontologiques. C’est dur de voir qu’encore au 21ème siècle on a encore du mal avec cette approche complexe, et que les discours « tout bio », « tout social », « tout inné », « tout acquis », donc des pensées dualistes et clivées, ont encore de beaux jours devant elles avec tout ce que ça implique de jugement pour celles et ceux qui ne veulent pas rentrer dans ces moules, aussi ouverts, voire révolutionnaires, semblent-ils. Regardons par exemple le titre d’une émission de France Inter : « L'instinct maternel : une vaste supercherie, finalement assez récente ». Ce n’est qu’une émission parmi des tas d’autres qui diront le contraire, c’est normal. Mais ce genre de titre accrocheur dénie le vécu intime de beaucoup de femmes dans le souci légitime d’en déculpabiliser d’autres. Le problème étant comme toujours de se poser en dogme sous prétexte de science.

Les maisons de naissance luttent pour exister en France, mais aussi au Québec, comme vous le découvrirez dans le super roman « Les Insoumises » que je vous partage aussi en fin d’article. Elles sont un des lieux qui redonnent le pouvoir aux femmes sur leur corps, c’est-à-dire avant tout la confiance dans leur ressource. Elles donnent aussi toute leur place aux sages-femmes, ce métier si particulier qui permet une approche complexe et globale de la naissance. 

Mon amie me disait que beaucoup de médecins obstétriciens annoncent à la femme enceinte : « je vais vous accoucher » comme si c’était eux qui faisaient le travail, manifestant ainsi leur pouvoir, et trop souvent ils le font d’ailleurs, à travers des décisions par toujours justifiées autour des césariennes et autres actes chirurgicaux plus ou moins agressifs et traumatisants. Pour avoir accompagné bon nombre de femmes victimes de ce genre de pratiques et de dires abusifs, je ne peux que témoigner des souffrances émotionnelles en plus des blessures physiques que cela provoque.

Lors d’une discussion avec une jeune obstétricienne, j’ai pu entendre en direct le refus, la méfiance, la difficulté à perdre le contrôle et à n’intervenir que quand la situation le demande vraiment, en cas de grave problème. Cette jeune femme affirmait un non sans nuances aux Maisons de Naissance. Dommage, et preuve que ce n’est pas toujours une question d’âge et de génération.

Je termine avec une remarque écoféministe. La réappropriation de notre corps de femme, ne plus le laisser être un objet aux mains de médecins plus ou moins compréhensifs (je sais qu’il y en a de remarquables, je partage souvent leurs écrits), va de pair avec la réappropriation de la Nature par elle-même, ce que l’on appelle la Libre Évolution. La nature est perçue comme un objet exploitable par l’écrasante majorité des dirigeants mondiaux actuels, et un bon nombre des habitants de la planète.

Si nous ne changeons pas cela d’urgence, l’accouchement sera vraiment difficile…

 

Documents joints :

- Deux livres à lire d’urgence, surtout si vous êtes enceinte !

- Un superbe témoignage d’une sage-femme travaillant dans une maison de naissance. À lire absolument, … surtout si vous êtes enceinte !

- Toujours de la même personne qui a déménagé du Tarn à la Bretagne, une pétition pour soutenir une maison de naissance.

- Protégeons le Vivant : Un recueil bénévole pour soutenir la Nature en libre évolution.

Une bien belle BD, d'utilité publique, tirée du roman du même nom écrit par le médecin Martin Winckler.

Une bien belle BD, d'utilité publique, tirée du roman du même nom écrit par le médecin Martin Winckler.

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